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SCÈNE XII LE MARQUIS, VALÊRE, HECTOR

HECTOR, accourant.

Quels desseins emportés...

LE MARQUIS, mettant l'épée à la main.

Ah ! c'est trop endurer.

HECTOR, au marquis.

Ah ! monsieur, arrêtez.

LE MARQUIS, à Hector.

Laissez-moi donc.

HECTOR, au marquis.

Tout beau !

VALÈRE, à Hector.

Cesse de le contraindre :

Va, c'est un malheureux qui n'est pas bien à craindre.

HECTOR, au marquis.

Quel sujet...

LE MARQUIS, fièrement à Hector.

Votre maître a certains petits airs...

Valère s'approche du marquis.

Le marquis effrayé dit doucement :

Et prend mal à propos les choses de travers. On vient civilement pour s'éclaircir d'un doute, Et monsieur prend la chèvre ; il met tout en déroute. Fait le petit mutin. Oh 1 cela n'est pas bien.

HECTOR, au marquis.

Mais encor quel sujet ?

LE MARQUIS, à Hector.

Quel sujet ? Moins que rien.

L'amour de la comtesse auprès de lui m'appelle...

HECTOR, au marquis.

Ah ! diable, c'est avoir une vieille querelle. Quoi ! vous osez, monsieur, d'un cœur ambitieux. Sur notre patrimoine ainsi jeter les yeux ! Attaquer la comtesse, et nous le dire encore !

LE MARQUIS, à Hector.

Bon ! je ne l'aime pas ; c'est elle qui m'adore.

VALÈRE, au marquis.

Oh ! vous pouvez l'aimer autant qu'il vous plaira : C'est un bien que jamais on ne vous enviera : Vous êtes en effet un amant digne d'elle. Je vous cède les droits que j'ai sur cette belle.

HECTOR

Oui, les droits sur le cœur ; mais sur la bourse, non.

LE MARQUIS, à part, mettant son épée dans le fourreau.

Je le savais bien, moi, que j'en aurais raison ; Et voilà comme il faut se tirer d'une affaire.

HECTOR, au marquis.

N'auriez-vous point besoin d'un peu d'eau vulnéraire ?

LE MARQUIS, à Valère.

Je suis ravi de voir que vous ayez du cœur. Et que le tout se soit passé dans la douceur. Serviteur. Vous et moi, nous en valons deux autres. Je suis de vos amis.

VALÈRE

Je ne suis pas des vôtres.

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