‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 48 sur 345 · SCÈNE PREMIÈRE ANGÉLIQUE, NÉRINE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE ANGÉLIQUE, NÉRINE

NÉRINE

En vain vous m'opposez une indigne tendresse, Je n'ai vu de mes jours avoir tant de mollesse. Je ne puis sur ce point m' accorder avec vous. Valère n'est point fait pour être votre époux ; Il ressent pour le jeu des fureurs nonpareilles, Et cet homme perdra quelque jour ses oreilles.

ANGÉLIQUE

Le temps le guérira de cet aveuglement.

NÉRINE

Le temps augmente encore un tel attachement.

ANGÉLIQUE

Ne combats plus, Nérine, une ardeur qui m'enchante Tu prendrais pour l'éteindre une peine impuissante. Il est des nœuds formés sous des astres malins. Qu'on chérit malgré soi. Je cède à mes destins. La raison, les conseils, ne peuvent m'en distraire ; Je vois le bon parti, mais je prends le contraire.

NÉRINE

Eh bien ! madame, soit ; contentez votre ardeur. J'y consens. Acceptez pour époux un joueur.

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