‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 49 sur 345 · ACTE IV — SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV — SCÈNE I

Qui, pour porter au jeu son tribut volontaire, Vous laissera manquer même du nécessaire, Toujours triste ou fougueux, pestant contre le jeu, Ou d'avoir perdu trop, ou bien gagné trop peu. Quel charme qu'un époux qui, flattant sa manie, Fait vingt mauvais marchés tous les jours de sa vie ; Prend pour argent comptant, d'un usurier fripon. Des singes, des pavés, im chantier, du charbon ; Qu'on voit à chaque instant prêt à faire querelle Aux bijoux de sa femme, ou bien à sa vaisselle ; Qui va, revient, retourne, et s'use à voyager Chez l'usurier, bien plus qu'à donner à manger, Quand, après quelque temps, d'intérêt surchargée, Il la laisse où d'abord elle fut engagée, Et prend, pour remplacer ses meubles écartés. Des diamants du Temple et des plats argentés ; Tant que, dans sa fureur n'ayant plus rien à vendre. Empruntant tous les jours, et ne pouvant plus rendre. Sa femme signe enfin, et voit, en moins d'un an. Ses terres en décret, et son lit à l'encan !

ANGÉLIQUE

Je ne veux point ici m'affliger par avance ; L'événement souvent confond la prévoyance. Il quittera le jeu.

NÉRINE

Quiconque aime, aimera ; Et quiconque a joué, toujours joue, et jouera. Certain docteur l'a dit, ce n'est point menterie. Et, si vous le voulez, contre vous je parie Tout ce que je possède, et mes gages d'un an. Qu'à l'heure que je parle il est dans im brelan.

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