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SCÈNE VIII

HARCOUr.T, TROUPE DE SOLDATS, EDOUARD, ALIÉNOR.

A LIEN OR, à Harcourt, en le voyant entrer avec des

soldats.

Ah! de nos citoyens viens défendre les jours. Songe à quel titre ici tu leur dois tes secours . Toi seul les a perdus; et s'ils meurent, j'expire.

HARCOunT, vivement à Edouard.

A tant de cruauté pourrez-vous bien souscrii'e? La valeur de ce maire et ses rares vertus...

EDOUARD, l'inlei^ompunt.

La valeur d'un rebelle est un crime de plus.

HARCOURT

Qu'en tends -je?

ALIÉNOR

(à Edouard. ) Ton arrêt. Jamais ù son courage Je n'aurois pu Ira er une leçon plus sage. Mais pour ces mal heureu.K j'oserai tout tenter. Je sais quel défenseur je peu.x leur susciter : Un cœur pour qui le \ôtre est peut-être sensible. Que le bonheur encor ne rend pas inflexible... Que dis-jc? votre armée où je porte mes pleurs,

i/io LE SIÈGE DE CALAIS.

Vous fera malgré vous abjurer vos fureurs.

Ses chefs ne voudront pas que de votre injustice

Le saijglant déshonneur sur leurs fronts rejaillisse;

Que l'univers accuse un peuple de héros

D'avilir sa victoire en servant vos bourreaux :

L'Anglais n'obéit plus lorsque son roi l'outrage.

(à Harcourt.) Toi, vers nos citoyens que ta foi se dégage. Sans tes honteux exploits, maîtres de leurs destins, Je les verrois vainqueurs, et vainqueurs plus humains. Songe, si de la mort ton bras ne les délivre. Que ta m'as fait serment de ne leur point survivre.

[Elle sort.)

SCÈ]NE IX.

EDOUARD, HARCOURT, gardes.

EDOUARD, à part.

Quoi! je veux pardonner, on me force à punir! Je vois par mes bontés tous les cœurs s'endurcir!

( à Harcourt. ) Savez-vous bien quel prix j'ai mis à ma clémence? Je voulois vous nommer vice-roi de la France, Par l'hymen d'Aliénor combler votre bonheur : Elle a refusé tout.

HARCOURT

Elle l'a dû, seigneur.

Puis-je me plaindre, hélas! de sa vertu sévère? Si j'accepte vos dons, je vends le sang d'un frère.

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