ACTE V, SCKME 11 i6:î
EDOUARD
Mais comptes-tu pour rien la faveur légitime ^
SAIN T-PIEH RE, l'interrompant.
.l'aurois votre faveur, et perdrois votre estime. Vous méprisiez d'\rtois en le comblant d'houneurs; Vous allez m'envier charjje de vos rigueurs. Kh! comptez- vous pour rien la foi pure et sacrée Qu'à Valois votre bouche.* et la mienne ont jurée? Mou cœur la gardera jusqu'au dernier soupir; Je n'ai pas, comme vous, le droit de la trahir.
(à part.) Dieu! que la politique avilit la couronne ! Que la probiié simple honoreroit le trône!
(à Edouard.) Valois de ses serments ne sait point s'affranchir j Trompé par ses rivaux est-ce à lui d'en rougir? Kh! comment à mou roi dcviendrois-je infidèle Quand j'ai devant les yeux sa vertu pour modèle?
ZDOV ARD , se levant.
F.h bien ! cours au trépas que tu semblés chercher. Ton insolent orgueil te pouna coûter cher. A la rébellion tu joins encor l'outrage; Mais je ferai pâlir ton superbe courage. Que le coupable saug de ton fils e.vpiré Repaisse, avant ta mort, ton œil dénaturé! Toi seul es son bourreau; ses derniers cris, peut-être. Dans le fond de ton cœur me vengeront d'un traître.
SAINT-PIERRE, tremblant, à part.
O mon fiisi quel moment pour ce cœur paternel !
iCS LE SIEGE DE CALAIS.
[reprenant sa fermeté.) Mais tu souffrirois plus à me voir criminel.
EDOUARD
Inhumain!
SAINT-PIERRE
C'est trop perdre et menace et promesse : J'ai honte que pour moi tant de fierté s'abaisse. Je crois voir sur nous deux les yeux de l'univers, Les veux de l'avenir de toutes parts ouverts. On regarde Edouard conseillant l'infamie. Pour corrompre un sujet épuisant son génie. Quel mortel de mon sort ne seroit point jaloux? Vous me forcez, seigneur, d être plus grand que vous.