SCÈNE I
AVOGARE, BAYARD, suite de français
( Bavard donne en entrant so7i bouclier et sa lance à son écuyer. )
AVOGARE, à Buyard.
Du camp véoilîen les foudres impuissants Veut en vain seconder les efforts des Bressans Nous bravons désormais une ville rebelle: Vous êtes avec nous; les dangers sont pour elle. Votre seule présence affermit ce rempart; On ne prend plus un fort où commande Bayard. Voyez sur tous ces fronts la confiance empreinte; L'allégresse eu mon ame a remplacé la crainte
i82 GASTON ET BAYARD,
Moi qui snis né Bressan , mais dont le cœur françai» A votre prince, à vous, s'est donné pour jamais, De mes concitoyens et de mes premiers maîtres J'ai craint le coup fatal qui menace les traîtres. Vous venez en ce jour sauver ma fille et moi. Un héros a donc su, pour nous prouver sa foi, Avec un escadron percer toute une armée? En dois-je être surpris après sa renommée? Bavard a-t-ij jamais compté ses ennemis? Bayard a-t-il jamais négligé ses amis?
BATARD
Tous les objets sacrés de mon culte suprême, Dieu, la France, l'honneur, l'amitié, l'amour même. De Milan vers ces lieux ont fait voler Bayard; Mais sans votre constance il arrivoit trop tard...
( à tous tes Français. ) Français, recevez tous mon légitime hommage; J'ai peine à concevoir que l'excès du courage ^t, douze jours entiers, contre trois camps unis. Défendu des remparts si foiblement munis : Heureux, dans le moment qu'une atteinte cruelle, Enchaîiiaiit de Durfort la vaillance et le zèle. Ravit à vos besoins et sa tête et son bras, Que je puisse m'offrir pour père à ses soldats!... J'ai visité ce fort. On cache aux cœurs timides Un péril qu'on avoue aux âmes intrépides: Si Gaston dans cinq jours ne vient nous secourir, Au même lit d'honneur nous pouvons tous mourir. Ce prince est triomphant; Bologne est déHvrée : Mcds pcir un long chemin Bresse en ■est séparée.