‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 135 sur 325 · ACTE 1, SCÈNE 1. i · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE 1. i

N'espérons <ju'eii nous même, et sachons tout braver: Mépriser notre vie est l'art de la sauver. Un des chefs assiégeants, que sa venu renomme, Urbin , neveu chéri du pontife de Rome, Exige un entretien dont je me sens confus... Il vient m'offrir la honte , et doute d'un refus. Prêtons à la valeur l'appui de la prudence: Près du palais des ducs la place est sans défense; De la mollesse altière abattez les lambris, Et changez en remparts leurs utiles débris. Que, derrière vos murs, de profondes tranchées Reçoivent du Gardzo les ondes épanchées. Mes mains vous aideront à ces nobles travaux, Qui vont multiplier, prolonger les assauts. Différons notre perte, et vengeons-la d'avance. De nos derniers soupirs rendons compte à la France. Tout guerrier qui retient de nombreux ennemis. Mourant un jour plus tard, peut sauver son pays. ( Il fait signe à sa suite de se retirer, et elle s'en va.)

Page 1