SCÈNE VIII
ALTÉMORE, AVOGARE.
ALTÉMORE.
Ne craignez rien de sa fausse vertu, Seigneur; il n'est pas maître, et son camp m'est vendu. Du retour de Gaston l'extrême diligence. Changeant tous nos projets, sert mieux notre espérance. Les Français, empressés d'accourir vers ces murs, Viennent se réunir dans des pièges plus sûrs. J'aime à voir par leurs soins notre attente remplie; Nous allons d'un seul coup déhvrer l'Italie.
igô GASTON ET BAYARD.
AVOGARE, à part. Quel jour serein vient luire à mes yeux affligés! Mon épouse et mon fils, vous serez donc vengés! . Vous fûtes des Français les premières victimes : Pour préparer mes coups, hélas! trop légitimes, Depuis deux ans entiers, ma tranquille fureur Par cent détours obscurs se traîne avec lenteur; Qu'elle se lève enfin dans ce jour de vengeance, Et d'un fer imprévu frappe avec assurance. Mes tyrans à ma foi semblent s'abandonner; Leur crédule candeur ne sait rien soupçonner. Affectant sur mon fils une douleur commune , J'accusai de sa mort la guerre et la fortune; Je sus flatter Nemours qu'à force de bienfaits Il consoloit ce cœur ulcéré pour jamais; Bayard croit à sa main ma fille réservée. Ils sont loin de penser que, par moi soulevée, Bresse ait reçu de moi des armes, des soldats , Par ces longs souterrains, qu'ils ne connoissent pas; Et, cette nuit encor, ma garde conjurée De ce fort aux Bressans alloit ouvrir l'entrée.
altémore.
Seigneur, de mes complots, pour vous seul entrepris, Votre fille d'abord fut la cause et le prix : Vous m'offriez sa main; je vous voyois en père; J'osois tout pour venger votre fils et sa mère. Né dans Naple, et banni par son usurpateur, Je le vois dans ces lieux me rendre sa faveur, Ferdinand, pour priver Nemours de la couronne Que Naples lui destine , et <jue Louis lui donne,