SCÈNE V
EUPHÉMIE, GASTON, BAYARD, AVOGARE, ALTÉMORE, troupe de chf.vat.iers français.
BAYARD, à Euphémie.
Vous, sur-tout, digne objet de mon fatal amour, Vous que ma faute honore, ainsi que mon retour; (// tire son êpéc avec le fourreau.)
Contemplez de Bayard l'abaissement auguste.
{ // pose son épée aux pieds de Gaston. ) Voyez comme il remplit le devoir noble et juste Que l'honneur véritable impose à la valeur, Et comment un guerrier se punit d'une erreur.
GASTON, à part. '
Attendri, transporté, je sens couler mes larmes! Le plus grand des guerriers, Bayard me rend les armes (// ramasse l'épée de Bayard, et lui donne la sienne,
qu'il a remise dans le fourreau pendant que Bayard
lui parlait. ) Je garde ton épée, et la mienne est à toi.
( à pmrt ) Tremblez plus que jamais, ennemis de mon roi ! Du glaive de Bayard ma valeur est armée; Ce sceptre de l'honneur va guider mon armée.
[aux chevaliers français.) V^ous, Français, apprenez si je suis à demi Digne d'un tel rival, digne d'un tel ami.
(à Allé more. ) Remettez dans ses ipains ce que je vous confie ; L'écrit qu'il recevoit, s'il m'eût ôté la vie.
[à Bayard, qui prend le paquet des mains d'Âltémorc.) Vois que j'avois l'orgueil de vivre dans ton cœur; Counois quelle dépouille eût orné mon vainqueur. Le roi, si dans nos camps je perdois la lumière, M'a juré d'accomplir ma volonté dernière; Et Bayard, par mon ordre, en terminant mes jours, Devenoit comte et duc de Foix et de Nemours. En te donnant mon nom j'en étendoi? la gloire,