‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 170 sur 325 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

E U P H ï". M 1 E , dans le plus grand désordre.

Fuyons, mes yeux sont pleins de ce vaste carnage, Des Fureurs des mortels épouvantable image. Le sang qui ruisseloit de tant de corps épars, Ces têtes qui tomboient du haut de ces remparts ; Les fers étincelants, et les feux plus terribles, Reproduisant la mort sous cent formes horribles, Et poursuivant par-tout mon père et mon amant...

( Elle s'assied. ) Mon père! qu'il m'est cher, hélas! eu ce moment! Dieu juste! à la vertu quand ta voix le rappelle, Veux-tu rendre sa perte à mon c(eur plus cruelle?

[avec lin p^ii de joie.) Mais Nemours!... sur la brèche, en vainqueur il montoit Sur des monceaux de morts la gloire l'attendoit...

(apt'i'S lin court silence.) La gloire! Eh ! c'est donc là que l'homme l'a placée? O délire infernal! barbarie insensée!...

(se relevant, en entendant des cris.) Quoi! j'entends jusqu'ici les cris des combattants Percer le bruit lointain de cent bronzes grondants T

J'entends se rapjirocher ces clameurs effroyables, Et gémir sous ces murs quelques voix lamentables! Un cri plus douloureux me glace de terreur!

[voyant le duc d'Urbin.

Se peut-il?... je succombe... Ah! je vois le vainqueur! [Elle retombe sur le fauteuil .)

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