SOLDATS FRANÇAIS, GARDES
AVOGARE, à Bayard.
liayard, à ton malheur je \iens donner des larmes.
BAYARD
Un traître m'a frappé; ne pleure pas sur moi , Pleure ce malheureux qui viole sa foi.
AVOGARE.
De ta mort, en tous lieux, la nouvelle est semée; On dit que ce revers a fait fuir notre armée; Que l'eunenii vainqueur. .
BAYARD, iinterrompant , en se relevant un peu. Nemours est-il vivant?
AVOGARE.
On le croit.
nATARD.
Et l'on dit l'ennemi triomphant!
{aux soldats français qui l'environnent. ) On vous trompe, Avogare. Allons, qu'on me remporte; Le péril de Nemours rend ma douleur moins forte : Retournez à l'assaut; près de votre étendard Placez au premier rang les restes de Bayard. Ce front pâle et sanf;lant, ce bras foible et sans armes, Aux ennemis bientôt renverront les alarmes.
[pendant qu'on l'emporte. ) 11? ne m'ont pas encore entrevu sans frémir :
Marchez; ils trembleront à mon dernier soupir. Oui, je veux vous guider au fond de leurs asiles: Du Guesclin au cercueil soumit encor des villes.
{Avogare le suit) EUPHÉMiE, entendant des cris lointains.
J'entends crier Victoire, et Nemours et Louis. ( Les soldats français qui emportaient Bayard s'arrêtent, ainsi qu'Avogare. )