‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 190 sur 325 · ACTE V, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV

Et, sûr de ses vertus, par un aveu sincère, Il \ient lui révéler les crimes de son père, c'est lui qui m'a tantôt envoyé, par ses fils, D'un double assassinat les généreux avis. ( Gaston s'assied. ) BAVARD, au vieillard.

La probité se peint sur ton front vénérable, Et ce dehors heureux...

LE VIEILLAUD, l'interrompant.

Cache un cœur bien coupable !

( à Gaston, en se jetant à ses pieds. ) Ah! j'ai besoin de grâce eu venant vous sauver.

GASTON

De grâce ?

LE VIEILLARD

Mes sanglots m'empêchent d'achever.

GASTON

Tu serois criminel? Eh ! sur quelle assurance Pourrai-je à tes discours donner ma confiance? Quel es-tu?

LE VIEILLARD

Pardonnez ma honte et mes regrets; Je ne suis qu'un Bressan... Je fus jadis Français. Citoyen de Paris, mais d'obscure naissance. J'allai chercher la gloire au sortir de l'enfance. Mon bras s'est signalé, lorsqu'aux murs de Beauvais Une femme a vaincu le Flamand et l'Anglais. Mais un service ingrat sous un roi trop austère Tourna vers l'étranger ma jeunesse légère; D« climats en climats j'errai pendant dix ans ,

Et depuis trente hivers fixé chez les Bressans,

Ainsi que tout Français privé de sa patrie ,

Je l'appelle en pleurant chaque jour de ma vie.

BATARD

Eh! que n'y rentrois-tu , ramené par l'honneur?

LE VIEILLARD, un peu rapidement.

J'ai combattu contre elle, et je lui fais horreur. Fier de mon origine , il faut que je la cache ; La peur du châtiment, et l'hymen qui m'attache, Ont retenu mes pas revolant vers les lis. J'ai, du moins , à mon roi pu rendre mes deux fils: Combattant sous vos lois , et dignes de vous plaire, Ils consolent souvent la honte de leur père. Quand on entend vos noms , quand on voit vos succès. Seigneurs, qu'on est honteux de n'être plus Français!...

{avec plus de chaleur. ) Mais je viens vous sauver. Eh ! quel guerrier fidèle. Honoré dans la France , aura plus fait pour elle? Ah! ce service heureux, ce retour de ma foi. Va bientôt retentir jusqu'au cœur de mon roi.

GASTON

Qu'as-tu donc découvert?

LE VIEILLARD

La trame la plus noire, Qui vous cache la foudre au sein de la victoire. Dans tout le sang français brûlant de se plonger. De meurtres cette nuit Bresse va regorger. Oui, près du mont sacré, des routes souterraines Vont ramener Pescaire et les lances romaines; Tandis que vers le fleuve un gros de citoyens

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