BAYARD, LE VIEILLARD
GASTON, à deux officiers français , en leur montrant le vieillard.
Vous, Évreux, Vous, d'Alégre, suivez ce vieillard courafjeux. Il va vous indiquer deux secrètes issues, Dont il faut à l'instant saisir les avenues. Cent guerriers bien choisis pourront y retenir Les nombreux bataillons qxii voudroient en sortir.
{àdeux autres officiers.) Vers l'autre extrémité, Crussol et Vendenesse, Guidez nos escadrons qui campent hors de Bresse; Et que les ennemis par vous ne soient chargés Que lorsque sous la voûte ils seront engagés: Eux même auront rendu leur perte plus rapide.
(à deux autres chevaliers. ) Et vous, pour contenir le citoyen perfide, Que, par mille flambeaux disposés prudemment, On menace leurs toits d'un vaste embrasement. Le palais d Avogare est encore l'asile D'où mes ordres auront le cours le plus facile : J'y vole, pour donner des secours prompts et sûrs, Si de quelque rempart la mine ouvroit les murs.
(à Bayard.) Approuvez-vous ce plan ?
26o GASTON ET BAYARD.
BAVARD, montrant les chevaliers.
Tous leurs cœurs l'applaudissen Moi seul j'en dois gémir; d'autres bras l'accomplissent.
LE viEïhLARii,vivement, à Gaston.
J'instruirai seulement vos guerriers valeureux, Prince; et je vais veiller sur ce gouffre de feux... {comme une idée nouvelle cjui lui vient sur-le-cliamp.) J'espère en découvrir le foyer redoutable. Si le ciel y plaçoit ma perte inévitable, Puissé-je, pour mourir avec moins de remord, Ayant perdu mes jours, ne point perdre ma mort ! [Il fait quelques pas pour s'en aller. ) GASTON, pendant qu'il s'en va.
Va, compte sur le prix de ce service insigne. La faveur de Nemours...
LE VIEILLARD, se retournant et l'interrompant. Prince, j'en suis indigne.
Réservez pour mes fils un si généreux soin ; Demain de vos bontés je n'aurai plus besoin. (// sort avec quelques chevaliers et quelques soldats.)