SCÈNE VIII
BAYARD, SOLDATS français.
BAYARD, à pari.
O Dieu! par quelles mains préviens-tu tant d'horreurs!
( aux soldats. ) Vous l'avez vu sortir ce vieillard tout en pleurs , Soldats; c'est un transfuge accablé de son crime:
Mettez tous à profit son retour magnanime,
Et les remords cruels dont il est dévoré.
Tel est le châtiment du cœur dénaturé ,
Qui, ne connoissant plus famille ni patrie,
Ose leur dérober le tribut de sa vie :
Infidèle aux humains dont les tendres secouis
Dans sa débile enfance ont protégé ses jours,
Il trouve en tous climats l'horreur qu'inspire un traîtri
Il voit l'homme chérir l'homme qu'il a vu naître;
Dans un long abandon traînant son triste sort,
L'affreuse solitude environne sa mort.