‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 200 sur 325 · D'ALÈGRE, GASTON, BAYARD , URDIN · texte numérisé non relu

D'ALÈGRE, GASTON, BAYARD , URDIN

EUPHÉMIE, CHEVALIERS ET SOLDATS FKAiNÇAlS.

d'alÉgre, vivement ù Gaston.

La victoire est complète et soudaine :

Tous vos ordres suivis ont mis dans notre chaîne Les guerriers de Veuise et les soldats romains, Enfermés, foudroyés dans les deux souterrains.

GASTON

MaisPescaire?...

dalÈgke, L'interrompant.

Seigneur, son adroite prudence Pour des lieux plus ouverts réservoit sa présence. De la porte Faustine il assailloit les tours. Qu'au bruit de son tonnerre il croyoit sans secours. Mais , au lieu de l'effroi , trouvant par-tout l'audace, Et des Vénitiens apprenant la disgrâce, Il va cacher au loin sa honte et ses débris.

GASTON, désignant le vieux transfuge français. Eh ! que fait ce vieillard? Qu'il vienne avec ses fils. Que mes bienfaits...

d'alÉgre, l'interrompant.

Plaignez son infortune extrême !

Instruit qu'en son palais Avogare lui-même. Pour allumer sa foudre , avoit su se cacher, Loin de suivre vos pas, il l'a couru chercher. ^1 vouloit, ou punir, ou désarmer sa rage :

ai.

Mais, soit que du Bressan le perfide courage De périr avec vous fît son plaisir affreux. Soit qu'il ait mal connu, mal mesuré ses feux, De tous deux, à-la-fois, loin du palais en poudre. J'ai vu les corps sanglants rejetés par la foudre.

EUPHÉMiE,à part.

O mon père !

BAYARD, à part.

o soldat qu'honore un beau trépas!

J'ai bien vu que ton cœur ne se pardonnoit pas. Tes fils seront les miens.

EUPHÉMIE, à part.

Le désespoir m'accable :

De la mort de mon père, hélas! je suis coupable.

GASTON, vivement.

Lui seul fut criminel, lui seul il s'est perdu.

EUPHÉMIE

Ah ! respectez les pleurs qu'il coûte à ma vertu !

La nature m'imprime un sacré caractère.

Sans permettre à mon cœur de juger pour quel père.

GASTON

Je respecte à-la-fois et ressens vos douleurs... Mon bonheur ne peut naître au milieu de vos pleurs. Je veux, pour le former, que Bayard me ramène Plus digne encor de vous, et vainqueur de Ravenne.

(à Bayard. ) Je vais t'attendre, ami, sous ce fameux rempart : Gaston regretteroit de vaincre sans Bayard.

BAYARD, lui prenant la main.

Va , mais modère, au moins, ton ardent caractère ;

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