CHEVALIERS ET SOLDATS FRANÇAIS
GASTON, àEupliétnie, tfu'il voit évanouie , en courant
à elle. X
Mais, ô nouveau malheur! ô ma chère Euphémie !
BAYARD
L'effroi de votre mort peut lui coûter la vie.
GASTON, « Euphémie, en lui prenant la main. Euphémie!
EUPHÉMIE
(revenant à elle, à part, en [à Gaston^ quelle aperçoit, levant les yeux au ciel.) en rebaissant les yeux. )
H n'est plus! Ah! prince, vous vivez!
GASTO.N, la relevant, et désignant le vieux transfuge
français.
Oui, ce cligne vieillard... il nous a tous sauvés.
EUPHÉMIE, avec tra nsport.
Qu'il m'est cher!
GASTON
J'arrivois dans ce palais terrible Où mon ordre assembloit notre élite invincible, Quand je le vois entrer frémissant, éperdu, Suivi de l'Espagnol à ses bienfaits vendu , Et qui, se promettant un plus riche salaire, Avoit du nouveau foudre épié le mystère. « Fuyez, s'écrioieut-ils ; fuyez, ue tardez pas:
« Vous n'avez qu'un moment; ]e gouffre est sous vos pa « Courez sauver Bayard; il en est temps encore. « Ce héros va tomber sous les coups d'Altémore. » A leurs cris , vers ces lieux nous avons volé tous. Mais des portes du fort à peine approchions-nous Qu'avec un bruit affreux une nue enflammée, Un noir torrent de feu, de soufre et de fumée Roule au loin dans les airs, à nos regards surpris. D'un vaste monument les immenses débris. Heureux qu'en échappant à ce piège effroyable,
[en eiribrassant Bayard) J'arrache encor mon père au sort plus déplorable De voir des assassins, vil rebut des bourreaux, Souiller la dernière heure et le sang d'un héros!
URBIN, à Bayard.
Pardonne, j'ai trop tard suivi mon digne maître. Bayard, pour sauver Jule, avoit livré le traître.
{à part.) Beaux jours du nom romain, qu'êtes-vous devenus? Des Français maintenant sont nos Fabricius.
GASTON, à sa suite.
Allons, marchons , amis; revolons vers Pescaire. Voudrois-je qu'à ma chaîne il eût pu se soustraire? Sous ces murs embrasés me croyant englouti, De son repaire obscur peut-être il est sorti.
( // veut partir. ) BAYARD, le retenant.
Arrêtez...