‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 207 sur 325 · EDOUARD, BLANCHE, FERNAND · texte numérisé non relu

EDOUARD, BLANCHE, FERNAND

BLANCHE, à Fernand, avec une noble confiance.

O mou libérateur!

Viens : si tu crains ton roi, voilà ton protecteur.

EDOUARD, embrassant Fernand.

Oui, mortel généreux, oui, ma reconnoissance Se charge du péril et de la récompense.

FERNAND

Votre estime, seigneur, est tout ce que je veux; La vertu qui l'obtient ne forme plus de vœux. Vous, madame, excusez l'excès de ma prudence: Si toujours avec soin j'ai fui votre présence , Depuis l'instant heureux où je sauvai vos jours, J'ai craint de vous offrir de dangereux secours. Un entier abandon vous étoit nécessaire : Un seul pas indiscret eût trahi ce mystère. A Padille, en tous lieux, tant de traîtres vendus, Un seul courrier surpris, un confident de plus, Exposoieut votre tête à sa barbare haiue. #

Quand Padille expira, j'étois dans Trémisène; Des soldats africains je pressois le départ.

( à Edouard. ) Ils doivent aujourd'hui joindre notre étendard.

( à Blanche. ) Hier, à mon retour, je crus l'instant propice Pour instruire le roi de mon sage artifice. Soudain Pédre enchanté conçut l'heureux dessein De désarmer la France, en vous rendant sa main: Mais attaqué, surpris, et vaincu par son frère, De ces soins importants son cœur s'est vu distraire. J'ai couvert sa retraite; et pour braver le sort Je viens d'asseoir son camp sous Tolède et ce fort. Pour rompre ici vos fers lui-même il va se rendre.

( à Edouard. ) , Il vous cherche.

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