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SCÈNE II

DU GU:^SCLIN;HENRI, travesti.

HENRI, portant une èclinrpe blanche, et ayant ly visière de son cascjue baissée.

Ici sommes- nous sans contrainte?

DU CUF. SCLIN.

Oui... Mais quel son de voix!

HENRI, levant la visière de son casque. Cher Guesclin!

DU GUESCLIN, effrayé.

Don Henri!

Dieu! que prétendez-vous ?

HENRI, tranquillement , en lui prenant la main. Imiter mon ami.

Justifier son cœur jiar ma recounoissance.

DU GUESCLIX.

J'admire avec terreur sa sublime imprudence... Risquer votre couronne?

HENRI

Eh bien ! je te la doi.

DU GUESCLIN

Vos jours?

HENRI, vivement.

Cent fois Guesclin risqua les siens pour moi. Va, d'un jeune Espagnol connois le caractère : Notre orgueil, dédaignant une gloire vulgaire, Loin de l'ordre commun va chercher des vertus;

3o2 PIERRE LE CRUEL.

Des périls sans exemple ont un attrait de plus.

Penses-tu que dou Pédre eût jamais pu s'attendre

Que pour toi dans son camp j'aurois osé me rendre?

Son cœur soupçonne-t-il la générosité?

L'audace du projet en fait la sûreté.

C'est pour toi que je tremble, et c'est ce qui m'amène,

Je couDois trop mon frère et sa rage inhumaine ,

Pour te voir dans ses mains, sans en frémir d'effroi :

Tu fis tout mon bonheur, il te hait plus que moi.

DU GUESCLI.N.

Qu'ai-je à craindre? Edouard, dontseuljedois dépendre

HENRI, toujours avec feu .

Edouard périra, s'il ose te défendre. Qu'il s'attende lui-même au plus noir attentat : Puisqu'il sert un tvran , il doit faire un ingrat. Ami, de mes trésors tu sais que .J'offre est vaine, Que les frayeurs de Londre éternisent ta chaîne; Jfe veux de ce camp même aujourd'hui t'enlever : J'ai formé ce dessein , je saurai l'achever. Va , je mets à profit les leçons de mou maître : En marchant vers ces lieux j'ai su tout reconnoître , A travers ce bois sombre et ces rochers affreux, Mes soins ont dérouvert un chemin ténébreux, Où ramenant bientôt mon élite indomptable, Je viens à sa prison ravir mon connétable; Et si mon imprudence a causé tes revers, C'est ma sage valeur qui va briser tes fers. DU G u E s c L I N , avec véhémence.

Oui, prince, c'est ainsi que le droit de la guerre Doit ravir noblement Guesclin à rAnj^leterre.

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