ACTE II, SCÈNE III. 3oj
Et dès-lor» par l'hymen me croyant asservie, J'auroi'^ domjité mon tœur, s'il ni'eîit jamais trahie. Mais songez à Tolède, à nos communs revers, A ce jour où le peuple, indigné de mes fers, M'enlevant avec rage à ma garde sanglante, Dans un asile saint me déposa mourante.
( à du Gitesclin. ) Pédre y vole; il apporte et le fer et les feux; Me vient en rugissant saisir par les cheveux; M'entraîne. Un bras s'oppose à sa fureur extrême; Un héros le désarme. Henri, c'étoit vous-même ! Mais un soldat cruel donne son glaive au roi. Il frappe, et vous tonibt-z palpitant près de moi. J'expirois. Pour souffrir rappelée à la vie, C'est depuis ce moment que je l'ai moins haïe. Occupée en secret de mou cher défenseur, tion image m'apprit à jouir de mon cœur : Ce cœur timide et pur, qui s'ignoroit lui-même, Quand mon trère a parlé, s'avoue enfin qu'il aime. Kt se livre au bonheur seul fait pour nie charmer. D'adorer par vertu ce que je crains d'aimer.
DU G U ESC LIN
J'aperçois Edouard.
BLANCHE
Redoutez sa présence.
HE.NRl.
Jamais il ne m'a vu ; sovcz en assurance.
3ï)8 PIERIDE LE CRUEL.