U. FED RE
(// 5e lève avec fureur au mol de protecteurs.) N'avilis point les rois : c'est au.x usurpateurs A flatter par besoin d'or^jueilleux défenseurs; Un vrai roi ne comioît ni protecteurs ni maîtres,
{montrant Edouard) Mais il a des amis qui le vengent des traîtres. (// 5e rassied brus<juement. ) EDOUARD, à don P'edre.
Seigneur, si chaque mot euflamme vos esprits, Comment traiter l'ubjet qui nous a réunis? C'est moi qui vais parler; daignerez-\ous rn'entendre?
(rt Henri. ) Mais je vais m'adresser à votre ame j)lu3 tendre. Fils de roi, dès l'enfance on dut vous enseigner Quel sceau Dieu même imprinve à ceux quil fait régner; Son être sur la terre en eux seuls se retrace; ,
Ils ont les droits du Dieu dont ils tiennent la place. ÎN'é de ces droits sacrés le premier défenseur, On vous en a rendu l'impie usurpateur:
Frère de votre roi, sans uji double parjure, Avez-vous pu trahir le trône et la nature?
"Vingt fois , en combattant ces deux titres si saints, Un double parricide a pu souiller vos mains?
( Henri frémit . ) Je veux fixer vos yeux sur cette affreuse image, Dont j'ai vu, malgré vous, frémir votre courage. On vante votre cœur valeureux, bienfaisant, Des plus raies vertus exemple séduisant. Chef, soldat, prince, ami, vous êtes mon modèle: Disputez-moi, seigneur, une gloire plus belle; Préférons tous les deux, mag.ianimes rivaux, La probité de l'homme aux talents dvx héros. C'est par-là qu'Édouaid, honoré sur la terre, Expiera les lauriers qu'il cueillit dans la guerre. Plus citoyen que prince, et docile à mon roi, •Ses plus simples désirs sont ma suprême loi : A son trône appelé du jour de ma naissance, Le dernier des sujets a moins d'obéissance; Je voudroiS de mon maître éterniser les jours, Je ne demande au ciel que d'obéir toujours. Mais qui ravit le sceptre à la main de son frère L'auroit-il respecté dans la main de son père? Pardonnez, je vous veux arracher votre erreur, Et dois vous la montrer dans toute sou horreur.
{plus vivement. ) Cher prince, lavez-vous d'une tache si noire, Qui va de siècle en siècle obscurcir votre gloire. Admirez le moment que j'ai >u vous choisir : De céder en vaincu vous auriez pu rougir; Il eût é;é honteux au vaillant ïraustamare P'abdiquer la couronne au sortir de iNajarre.