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ACTE III, SCKNE IV. 32i

Mais anjounl'luii vaiiu|uear dans trois combals sanglants. Après le plus long cours des Faits les plus brillants; <^uand Pédre voit enfin l'empire qu'il posséda Héduit à ce seul fort, aux seuls murs de Tolède; Vous, conquérant des biens que vous lui disputiez, Prendre sceptre et couronne, et les mettre ù ses pieds, Voilà de la vertu l'effort le plus insigne, Le miracle inouï dont vous seul êtes digne; Un triomphe immortel, que vos chefs , vos soldats, La fortune et Guescliu ne partageront pas. Ce n'est pas tout : je sais que, dans un cœur qui l'aime^ La vertu se suffit, est son prix elle-même ; Je viens pourtant offrir à votre œil détrompé Un trône bien acquis pour un trône usurpé. L'échange en est heureux. Il faut que je m'explique. Vous voyez comme moi sous quel joug tyrannique La moitié de l'Espagne expire en gémissant; Vous savez par quel crime , à jamais flétrissant, Appelés, introduits au cœur de vos provinces, Les despotes d'Afrique ont dépouillé vos princes.

{avec chaleur, à du Guesclin. ) >

O chrétiens insensés, dans un autre univers On court à l'infidèle arracher des dé-îerts, Et des beaux champs d'Europe on lui laisse l'empire! Armons-nous, réjiarons un si honteux délire; Que pour ce grand projet quatre rois se liguants, Aux sables de Ceuta rejettent ces brigands.

{à Henri. ) Prenez un sceptre offert |)ar la patrie entière, Kt détrônez le Maure, et non pas votre frère.

Sous vous avec Guesclin je marche le premier :

Nous sommes deux sobiats, et lui seul est guerrier ;

Contions sagement à l'œil de sa pradeuce

Les armes d'Angleterre, et d'Espagne, et de France.

Pèdre dans ce projet nous secondera tous.

Charle en fut inventeur, mon pèie en est jaloux;

Même il m'a dit vingt fois : « Malgré nos longues haines

« Quand l'honneur parlera , Guesclin n'a plus de chaînes.

Ainsi le sceptre heureux que je viens vous livrer

Rompt les fers de l'ami qui va vous i'assnrcr.

Je ne vous parle point cî'un prix plus doux encore;

Le roi peut vous céder la beauté qu'il adore.

Vous allez satisfaire, honorer en ce jour,

La vertu, l'amitié, la patrie, et l'amour.

Prononcez.

HENRI

Je venois à vous, comme à mon frère.

Proposer ce projet, Sur un plan tout contraire: Votre offre plus brillante a droit de m'émouvoir; Mais me justifier est mon premier devoir. Me punisse le ciel, si, par quelques intrigues, Tramant contre mon roi d'ambitieuses ligues, Et si, lui dérobant les cœurs de ses sujets. J'osai jusqu'à son trône élever mes projets ! Mais quand ses bras cruels, exe tés par Padille, Purent pendant dtux ans dévaster la • a^tiile, Un peuple dorphelins, levant les yeux vers moi, Crut que les pleurs d'un frère attondriroient un roi, Et que jusqu'à son cœur une main plus chérie Feroit couler enfin les pleurs de la patrie.

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