ACTE III, SCÈNK IV
DU GUESCLIN
Voulant m'assassiner, il s'oublioit lui-même.
( )nontrant Henri. ) D'ailleurs il n'est ici qu'un roi pour un Français.
D. pÉdre. {àdu Guesclin.) ( à Henri. ) Tremble. Et toi, sors.
HENRI
Eh bien ! plus d'accord , plus de paix. Moi , j'allois te livrer un peuple qui m'adore! Ah ! je serois moins lâche , en le livrant au Maure.
( à Edouard. ) Adieu, prince. Osez-vous être encor le vengeur D'un barbare?
EDOUARD
Oui , je l'ose ; oui , ma foi , mon honneur , Mon père, ont garanti son sacré diadème. Je vous en offre un autre ; il cède ce qu'il aime...
D. pèdre.
Moi? »
Edouard.
( à don Pèdre. ) ( à Henri. )
Tout, hors votre .sceptre. Et vous, vous acceptez. Le peuple seul ici s'oppose à nos traités : Voyons s'il soutiendra les maîtres qu'il se donne , Mieux que je ne soutiens ceux que le ciel couronne. Marchons ù la bataille.
HENRI
Il est d'autres moyens.
En épargnant, seigneur, le sang des citoyens,
( // regarde son frère. ) De finir noblement cette grande querelle.
D. pédre.
Oui, viens au champ d'honneur, ton roi même t'appell Le plaisir de t'y voir expirer de ma main Fait renoncer ma rage à tout autre dessein.
HENRI
Bourreau de tous les miens, meurtrier de ma mère, Je pourrois t'immoler, sans immoler mon frère; Mais je serois un monstre aussi cruel que toi, Si j'osois dans ton sang me baigner sans effroi: Tu ne m'as pas compris. Pour éviter un crime, Suivons des chevaliers l'usage magnanime. Deux amis avec nous tenterons ce hasard; Viens combattre Guesclin , je combats Edouard.
nu GUESCLIN.
O projet d'un héros, d'une ame grande et pure , Qui sert l'humanité, la gloire et la nature !
D. p É D R E , à Edouard.
Allons, prince.
EDOUARD ^fièrement.
Arrêtez. Je ne suis pas suspect, ( à Guesclin ) ( à Henri )
D'éviter un combat, de fuir à votre aspect. Imitez d'un Anglais le courage tranquille. Voyez de ce cartel l'imprudence inutile. Si le sort, pour vainqueurs, choisit Guesclin et moi, En vous perdant tous deux, la Castille est sans roi;