‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 233 sur 325 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Mettre ce peuple encor sous le couteau mortel! Si pour ma liberté votre cœur sacrifie Les jours de vos sujets, le sany de la patrie, V.n vous déshonorant vous allez m'avilir : Et je fuirois un roi qui m'auroit fait rougir. Pour Blanche, c'est Valois dont elle doit dépendre ; Son choix vous l'a donnée, et l'on veut vous la vendre! Quel droit son meurtrier prétend-il aujourd'hui ? Il ordonna sa mort , elle est morte pour lui.

D. pêdr E.

Quoi ! tu veux dans sa haine affermir ce rebelle ! Il renonçoit au crime, et ta voix l'y rappelle! Traître, tu fus toujours aux conseils, aux combats, Ou l'auteur ou l'appui de tous ses attentats.

DU GUESCLIN

J'ai rempli des devoirs que vous avez fait naître. Vous fûtes l'assassin de la sœur de mon maître. Chargé de vous punir, je vous ai détrôné. Je respecte ce front, puisqu'il fut couronné; Mais je sers un monarque avoué par la France , Un peuple dont mon roi m'a commis la défense. De ce peuple expirant le reste ensanglanté Ne veut plus de vos lois subir la cruauté : Je le déclare au nom de la Castille entière. Qui de ses droits ici me rend dépositaire. Au seul trône du Maure aspirez désormab; Don Henri veut en vain vous donner ses sujets ; Voici leurs propres mots : « S'il cède ou perd l'empire. « Un autre y va monter, et nous allons l'élire.

<> Don Pédre nous a fait rentrer dans tous nos droits : « Est-ce pour l'égorger que le peuple a des rois? « Quand on s'est séparé de la nature humaine , « Que, pour elle, d'un tigre on imite la haine, « Comment des nations l'éclame-t-on la foi? « Abjurant le nom d'homme, on perd le nom de roi. » D. pÈdre, voulant mettre l'épée à la main.

C'en est trop, et ton sang...

ÉDOUAPiD, i arrêtant.

Qu'osez-vous entreprendr H EN El, s élançant au-devant de du Guesclin. C'est mon sang le premier qu'il faut ici répandre.

EDOUARD, à don Pèdre.

Un guerrier désarmé, mon captif, mon ami!

D. pÉdre, avec impétuosité.

Lui qui , des droits du trône éternel ennemi , Vient d'avancer contre eux une horrible maxime, Redoutable à son maître, à tout roi légitime!...

DU GUE s CL IX, de même.

Vous outragez mon roi. Sur le sort des tyrans Il peut jeter en paix des yeux indifférents; De leur chute effroyable il i>e craint pas l'exemple; Son cœur se rend justice, alors qu'il se contemple : Il sait, en nous aimant, pourquoi nous l'adorons. Les Titus craignent-ils le destin des Nérons? EDOUARD, an'êtant encore don Pèdre, qui fait un nouveau mouvement.

Guesclin, vous oubliez la majesté suprême.

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