SCÈNE I
D. FED RE, entrant par la yrande porte. Il est dans le plus grand désordre. Il tient à la main une coupe et un poignard. Il pose la coupe sur la table, met le poignarda son côté, et va s'asseoir de l'autre côté du théâtre, tête nue , sans cuirasse; mais il a son manteau et son cordon.
Ciel, tu vois ta justice, ou ta haine assouvie!
Je m'apprête une fin bien digue de ma vie!
Je fus doue eu tout temps accablé par Guescliii !
Il a pris et blessé ce terrible Africaiu.
Plus de camp, plus d'armée; il a su tout détruire :
Ce fort, cette prison, voilà tout mon empire.
( Il se lève. ) J'y suis maitre de moi , de Bourbon , et du sort ; Je vois entre mes mains ma vengeance et ma mort. Ce cruel avantage est le seul qui me reste ; Lui seul m'a fait survivre à ce combat funeste. Poi>on, glaive, instruments de mes crimes passés! Vous servez le tyran, et vous le punissez.
O cœur nourri de sang, que la rage dévore, A ton horrible soif le tien manquoit encore. Il va l'éteindre enfin. Mais à mon fier rival, Le dernier de mes jours sera le plus fatal. Oui, son amante et moi nous périrons ensemble: Que la haine, l'amour, et la mort nous rassemble! (// marche vers la petite porte, et s^ arrête en voyayit entrer Fernand. )