‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 250 sur 325 · ACTE V, SCÈNETl. 3.\<j · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNETl. 3.\<j

{lin peu attendri.) J'en avois tant, hélas! ilont j'ai su me priver! Ils voloieiit au-devant de ma débile enluiicei Vingt ans je m'en suis vu l'amour et l'espérance. .Vaurois pu, répondant à leurs tendres souhaits, Compter autant d'amis que j'avois de sujets. Malheureux ! j'étois né pour le bonheur suprême; On m'offroit sur le troue un digne objet que j'aime; Je l'avois dans mes hras, et l'en ai rejeté!

( // se lève. ) Ah! dans cet univers , oà. je suis détesté, Wul mortel ne me hait autant que je m'abhorre !

FEnNAND.

Seigneur, c'est Bourbon même eu <[ui j'espère encore; Dans le camp de Henri je vais, je cours la voir. Souffrez...

D. pédre.

( à part. ) Non. Cachons-lui qu'elle est en mon pouvoir.

FER-XAND.

Eh bien! aux assaillants Montiel inaccessible

Est d« tous vos états le fort le plus terrible ;

La garde en est nombreuse, et je pourrois, seigneui,

Y retenir long-temps et tromper le \ainqueur :

Vous, fuyez avec art sous cette roche antique;

Gagnez les hords du Tage, et voguez vers l'Afrique.

D. rÉOKE, toujours avec véhémence.

Moi ! chez les rois heureux porter encor mes pas ! Montrer de cour en cour le plus grand des ingrats ! Quel monar([ue insensé defendroit ce barbare,

35o PIERRE LE CRUEL.

Ce Pédre qui trahit le vainqueur de Naiarre^ Plus d'espoir, plus d'amis que je puisse attendrir; Il faut être Fernand pour ine pouvoir souffrir.

( en se promenant. ) Ma rage à chaque instant s'enflamme et s'envenime; Je déteste à-la-fois et respire le crime. Mourons, mourons enfin; c'est l'honneur des vaincus: Mais mourons dans le sang, ainsi que j'y vécus. Laisse-moi seul; va, crains un furieux qui t'aime, Qui ne se connoît plus... qui tremble pour toi-même... Ciel, que vois-je! Edouard L

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