FAYEL, ALBÉRIC
A L B É R I C , à part, après avoir observé de loin Fayel , qui paroît très agité.
Fayel tremble et gémit! Le fiel qui le dévore, Tout prêt à s'épancher, semble s'aigrir encore.
FAYEL, « pai't, en s'asseyant. Je mandois Albéric : j'allois tout révéler. Le voilà devant moi; je frémis de parler.
ALBÉRIC, S approchant de Fayel.
Seigneur, vos yeux, chargés de sinistres nuages, D'un sombre désespoir m'annoncent les orages; Au fond de votre cœur vos soupirs retenus, S'échappant malgré vous, craignent d'être entendus. Je vois du noir chagrin dont l'excès vous consume Fermenter dès long-temps la brûlante amertume.
3G4 GABRILLLE DE VEPtGY.
Ce malheur, dans Autrey consternant tous les cœurs, "
Change ce lieu paisible en un séjour de pleurs.
Votre épouse mourante a vu par la tristesse
Se faner sur son front les fleurs de la jeunesse.
Quels revers inconnus sèment ici l'effroi?
Ce secret renfermé doit offenser ma foi :
Il eût volé jadis au-devaut de mon zélé.
Albéric n'est-il plus cet écuyer fidèle,
Entre tous vos vassaux choisi par l'amitié ,
A vos destins divers dès l'enfance lié,
Qui , dans les champs d'honneur suivant votre vaillanc
FA Y EL, lui prenant la main.
Des bords de la Syrie aux rives de la France Philippe est arrivé. Je vais approfondir Des horreurs que je brûle et crains de découvrir.
ALBÉRIC
Comte, vous m'étonnez. Quelle crainte importune
Dans le retour du roi vous montre une infortune?
Honorant sa couronne et le sang des Capets,
Ce roi, l'amour du monde, et le dieu des Français,
A qui mille vertus donnent le nom d'Auguste,
Pour vous seul aujourd'hui deviendroit-il injuste?
Pqur vous qui , secondant ses rapides exploits,
Au Bourguignon rebelle imposâtes ses lois?
Déjà le premier don de sa reconnoissance
Des fruits de la victoire accrut votre puissance.
Sa politique sage en vous a raffermi
Le rempart qu'il oppose à son fier ennemi.
Quand le duc de Bourgogne, opprimant sa famille,
Armoit contre Vergv, qui lui donna sa fille j