FAYEL, GABRIELLE
FATEL , à part.
Que puis-je penser?
GABRIELLE, à part , cessant de lire pour pleurcr .^ sans
voir dabord Fayel.
Ah ! retenons mes pleurs; ils vont tout effacer.
FA Y EL, à par^, en s approchant de Gabrielle. Que lit-elle?
G A B R 1 E L L E , à porf , apercevant Fayel. Grand Dieu !
FAYEL, se jetant sur la lettre, et la lui arrachant. Donnez, donnez, parjure?
Il est temps d'éclairer ta honte et mon injure!
(parcourant la lettre d'un coup ctœil.) C'est le seing de Coucy ! C'est ton arrêt fatal ! Tu me fais annoncer la mort de mon rival ; Il respire, il t'écrit! L'ardeur qui vous anime Par des détours si bas concerte encor le crime. Tremble! tu vas périr!
GABRIELLE, avec la plus grande tranquillité. Lisez, et rougissez.
FAYEL, déconcerté.
Comment! quel calme! Eli quoi ! mes transports insensé?... Puissé-je avoir bientôt à me punir moi-même! (// lit le billet rapidement et bas. ) [après avoir lu.) C'est l'adieu de Raoul à son heure suprême !
[avec joie.) Ce gage de sa mort...
GABRIELLE, l'interrompant, en voyant sa joie. Est bien doux à vos yeux?
FAYEL, redevenant sombre.
Un amant adoré fait seul de tels adieux.
Oui, je l'aimois, seigneur, et j ai dû vous le taire, Quand j'ai craïul i)our vous deux cet aveu trop sincère.