ACTE II, SCÈNE XII
Mais venez, chère épouse : allons vers Polydore; Qu'en ce père si tendre , à mon amour rendu, Je retrouve du mien et Yà^e et la vertu...
{vnjant (fue Zi'lmire garde le silence.) Vous ne répondez point, et de larmes trempée... ZF. T, MI RÊ, accablée, regardant Anténor et les soldats
qui l'entourent, et hésitant.
llus...
IL us.
Parlez.
ANTÉNOR, voyant (jue Zelmire ne répond pas. Seigneur, votre attente est trompée:
Polydore n'est plus. Il est mort détrôné. Par son peuple proscrit, par son fils condamné, Il chercha près des di. ux un refuge inutile; Le courrouv des vainqueurs embrasa son asile.
IL us, à part.
Grands dieux !qu'entends-)e?Oùsuis-je? Ah ! jamais les enfers N'ont vouii tant d'horreurs sur ce triste univers!...
(à Zelmire.) Chère épouse, fuyons cette rive exécrable...
Je vengerai ta mort, ô père déplorable!... ( prenant la main de Zelmire.) J'en jure par Zelmire, et par ce nœud sacré...
ANTÉNOR, l'interrompant.
Vains serments! vous tenez la main qui l'a livré.
ILUS.
( à Zelmire. ) ( à Anténor. ) Zelmire?... T!st-il vrai?... \on : vous me trompez, barbare.
anténor.
Qu'elle parle, seigneur.
ILUS.
La vertu la plus rare , Ztilmire parricide?
Ah! prince , ignorez-vous?...
(à part.) Dieux! je perds en parlant mon père et roon époux!... Sans défense tous deux...
ILUS.
Répondez donc , cruelle.
ZELMIRE, a part.
Mon cœur, immole-toi; la cause en est trop belle!
(à Ilus.) Oui, réduite à choisir de mon père ou d'Azor...
{vivement et avec effort.) Ce que j'ai fait enfin, je le ferois encor. 1 L u s , reculant d horreur.
Monstre dénaturé ! détestable furie !
ïu m'oses, sans trembler, vanter ta barbarie?... Quand ton père eût sur toi levé le fer cruel , U falloit présenter ton cœur au coup mortel, Le plaindre en expirant sous sa fureur impie : Je pleurerois ta mort... je déteste ta vie !.. J'abjure notre hymen , et loin de ce séjour J'oublierai, s'il se peut, mon malheureux amour. Adievi... Je crains qu'ici ma colère trop prompte Ke lave dans ton sang tes forfaits et ma honte.