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SCÈNE V

FAYEL, COUCY, ALBÉRIC, gardes, GABRIELLE, ISAURE.

FAYEL, à Coucy , qui se débat contre lui et ses gardes, et en lui voulant faire rendre son épée. Rends ce fer.

COUCY

Tu ne m'as point vaincu. Je brave encor le nombre.

[Son épée tombe de sa main, et Albéric s'en saisit. ) FAYEL, à Albéric.

Albéric , qu'on l'enchaîne.

[Albéric met Coucy aux fers. ) [à Coucy.) Va. tout éloit prévu : la résistance est vaine...

ACTK IV, SCÈNE V. 4,Wi

[à qneli/ucs-uns des gardes. ) [à Coury et ù Gtibrklle. ' Vtms, ouvrez ce portiijue. T.t vous, vils scélératà. Voyez votre complice immolé par mon bras.

[On leur nintitre, dans la coulisse, Alonlac mort."^ GABRIELLE, à pnrl.

Ciel!

COL'CY, à pari.

Monlac éporgé!

G A B R 1 E L L E , à /a7ll/;Y-.

Que n'as-tu pu me croire !

COUCY

(à part , allant vers le corps de Monlac. ]

(à Fayel.) O mon ami!... Jouis de ta lâche victoire.'. Monstre!

FAYEL, tranquillement , en lui montrant Gahrielle.

Voilà l'essai des châtiments affreux Que mon juste courroux vous reserve à tous deux.

{avec fureur.) Traître! tu prétendois voiler ta perfidie, Comme en ce jour de crime où, partant pour l'Asie, Ton amour insolent vint ici m'outrager; Mais toi-même as pressé l'instant de me venger. , Tantôt, à mou retour, ma recherche inutile M'a lait voir qu'en secret retiré dans la ville Tu paroitrois bientôt au bruit de mon départ Et moi qui dedaiguois les souplesses de l'art, Jusqu'à feindre à mon tour il m'a fallu descendre Te voilà dans le piège où tu m'as cru surprendre, Et que vos noirs complots, vos infâmes détours,

Tendoient à mon honneur, et peut-être à mes jouus.. {// le prend par la main, et le traîne vers GabrieLlc. ) Viens, que ton sang sur elle à l'instant rejaillisse !

( à Gnbrielle. ) Malheureuse ! sa mort commence ton supplice ! ( // veut percer Concy de son épée. ) GABRIELLE, sc jetant sur Fayel.

Arrêtez !

albÉric, à Fayel , en l'arrêtant aussi.

Ah ! seigneur !

COUCY, à Fayel.

Ah! tigre furieux!

Frappe. Je meurs content, si je meurs à ses yeux : Mais ne fais point outrage à ses vertus sublimes. Faut-il, pour m'immoler, lui supposer des crimes? Qui? nous, contre tes jours tramer quelque dessein ! Sans doute, quand tes feux m'alloient ravir sa main Si de ce coup fatal j'avois eu connoissance. Tu m'aurois vu bientôt, armé par la vengenuce, Même aux yeux de son père, osant te défier, L'obtenir ou la perdre en digne chevalier. Mais, toi, pour m'égorger sans armes, sans défense De forfaits inventés tu noircis ma vaillance : Eh bien î vil imposteur! j'ose te démentir ; Devant la France entière, avant que de mourir. Je déclare innocents Monlac , moi, Gabrielle. Tu n'es plus son époux; tu t'es armé contre elle. La loi des chevaliers , que trahit ta fureur , A sa gloire, à ma mort, promet plus d'un vengeur.

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