‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 312 sur 325 · ACTE IV SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV SCÈNE V

FAYEL

La loi des chevaliers? c'est moi qui la réclame. Je respecte ton titre en méprisant ton ame.

( à SCS gardes. ) ( à Coticy. )

Qn'on lui donne une armure. Allons au champ d'honneur : Ma justice y remet son glaive à ma valeur. Je pourrois te punir, j'en ai le droit, sans doute : Tu croirois, en mourant, que Favel te redoute ; Non : Français comme toi , l'honneur de me venger M'offre un plaisir de plus à l'aspect du danger. ( Albéric ôte les fers de Coucy, et des gardes lui donnent des armes.) G DUC Y, montrant Gahrielle.

Ah! ton cœur une fois s'est montré digne d'elle. Marchons.

GABRIEL!. E, se mettant entre eux.

Qu'allez-vous faire? et quelle horreur nouvelle?

(à Coury.) Téméraire! arrêtez. Qui? vous, barbare ! vous! Plonger vos bras sanglants au sein de mon époux! Vous! charger ma vertu d'un affreux parricide? Je maudis et l'amour et l'espoir qui vous guide. Votre abord en ces lieux m'apportoit le trépas : Vous deviez le prévoir , et je ne m'en plains pas ; Vous hasardiez vos jours en exposant ma vie. Mais que votre imprudence et la mienne s'e.xpie;

( montrant Faycl. ) Et, si nous ne pouvons détromper son courroux, c'est à vous de mourir, puisque je meurs porfr vous.

(à Fayel.) Vous, seigneur, écoutez...

FA T EL , iintenompant, avec la dernièiv violence. Que pourrois-tu me dire Qui (le ton lâche amour ne servit à m'instruira? A mes yeux , malgré toi , perçant de toutes parts, Tu m'en rends le témoin ; il parle en tes regards; Dan»? tes moindres discours mou deshonneur s'imprime

[montrant Coucy.) Il t'aime, il est aimé : voilà ton double crime. Ah! tu portes la mort et l'enfer dans mon cœur !

[montrant Coucy.) Tu mourras avec moi, rjuand il seioit vainqueur.

[aux gardes, en leur montrant Gabrielle.) Soldats, loin de mes yeux entraînez l'iiifidèle ; Sur l'ordre d'Albéric vous dispose: ez d'elle.

[Des gardes entraînent Gairielle.).

COUCY, aux gardes.

Barbares! de ses jours vous répondrez au roi.

FAYEL, aux gardes.

Seul , je réponds pour vous ; n'obéissez qu'à moi.

(à Coucy , en le prenant par la main.) Viens assouvir la soif «jui tous deux nous dévore. L'ardente soif du sang d'un rival qu'on abhorre !

(ù Gabrielle. ) Ingrate ! puissions-nous l'un par l'autre périr î Que tout ce qui t'aima se puisse anéantir 1

Fi;* DU OUATRIÈMÉ ACTE.

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