ISA URE, GABRIELLE
ISAURE, parlant aux gardes qui sont à la porte en dehors.
Vous la croyez coupable î Je suis donc sa complice, et le suis sans remord; Laissez-moi partager ses tourments et sa mort, (à GabrieUe,qui lui fait un geste sans pouvoir parler.) Quoi! que me montrez-vous avec tant d'épouvante?
(à part, voyant gue [ayant regardé le vase.) Gabrielle s'évanouit.) O crime!... Gabrielle!... Ah! je la vois mourante, Immobile, l'œil fixe, attaché sur ce cœur. Qui semble sur lui seul concentrer sa douleur; Pâle, froide, insensible et comme anéantie. Tâchons de soulever sa tête appesantie.
{Elle lui soulève la tête, et voit quelle s efforce inutilement de vouloir lui parler.) Elle veut me parler. Ses efforts impuissants Ne trouvent dans son sein que des gémissements... C'est la mort... oui, ce sont ces muettes alarmes, Meurtrières douleurs qui n'ont ni cris ni larmes.
[Gabrielle se lève avec une espèce de convulsion.) Mais quels profonds sanglots, et quels transports soud;
GABRIELLE, égarée, à part.
Raoul! mon cher Raoul!...
[Elle retombe.)