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SCÈNE IX

ANTÉNOR; ILUS, EURIALE , enchaînés: troupe DE SOLDATS THRACES , ZELMIRE , POLYDORE , RHAMNÈS, ÉMA, soldats lesbiens.

a.ntÉxor, à Rhamnès en lui montrant Ilus.

Eh bien! ce téméraire, Qui paya tous mes soins par des complots pervers. De ma main triomphante Ilus reçoit des fers. ZELMIRE, à part, en apercevant Ilus, avec le j)ln'i

grand étonnemcnt.

Lui?

ims, à Anténor.

Triomphe honteux, et digne d'un perfide! Va, l'assassin féroce est un guerrier timide. Sans le gage sacré qu'eût exposé ma mort, Par le nombre accablé, j'aurois fini mon sort. Mais à porter tes fers si j'ai pu me résoudre, Crois qu Jlus enchaîné te garde encor la foudre. RHAMNÈS, à part.

J'allois trop hasarder; ma pitié m'a perdu...

(à Anténor.) Seigneur, voici l'objet le plus inattendu, Qui, même en vous l'offrant, m'interdit et m'étonne.

[en lui montrant Polydore.) Regardez ce captif.

A N T É îs' o R , reconnoissant Polydore, Se peut-il?

ILUS, à part.

Je frissonne !

ANTÉNOR

Polydore vivant !

I L u s , à Polydore.

O mon père !

POLYDORE, à Anténor.

Oui , c'est moi, Traître! Baisse les yeux à l'aspect de ton roi. Sens la confusion, la rage frémissante D'un assassin surpris que son juge épouvante. Je te parle en vainqueur, au sein de mes revers: Le crime couronné craint l'innocence aux fers.

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