‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 63 sur 325 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ILUS, EURIALE, enchaînés; soldats thrace».

EUR 1 A LE, à IfllS.

On va donc nous tramer au sanglant tribunal Qu usuipe ce vil peuple, à ses rois si fatal? Que devient l'espérance à nos raaux réservée?

ILUS.

Cette unique espérance, hélas! m'est enlevée.

Polydore et Zelraire, au glaive abandonnés,

Par leurs sujets séduits sont déjà condamnés:

An ténor a pressé leur rage impétueuse.

Telle est sa politique, habile et monstrueuse,

Qu'il sait, de la vertu conservant tous les traits,

Kous chaigcr, nous jninir de ses propres forfaits.

Les Thraces et Rhamnès, comblant leurs perfidies,

Ont sur moi . dans leur camp , porté des mains hardies;

Les lâches m'ont ravi l'écrit victorieux

Qui des peuples trompés eût dessillé les yeux.

Azor y démentoit le projet sanguinaire

Dont ses cris factieux avoient noirci son père:

Au perfide Anténor reprochant son trépas.

Il n accusoit que lui de tous ses attentats;

Et, montrant au grand jour cette horreur inconnue.

Il demandoit vengeance et lauroit obtenue.

ZELMIRt. 77

Ail! Zehuire, taut-il qu'aux portes de la mort Nos deux cœurs innocents soient en proie au remord? J'ai pu te soupçonner!... Est-il un plus grand crime? Et pour mieux t'accabler, ton père est ta victime !

EURIALE.

Peut-elle à sa vertu reprocher une erreur?

Eh ! se pardonne-t-oB d'avoir fait son malheur? En vain dans un cœur pur elle voit son excuse; Quand sa raison l'absout, le sentiment l'accuse.

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