EUSTACHE DE SAINT -PIERRE, AMBLÉTUSE
SAIiNT-PIERR E.
Quoi! le comte de Vienne est sorti de Calais, Et son ordre avec vous m'enchaîne en son palais? Il combat pour nos jours, et sa prudence active Borne à des soins obscurs notre valeur oisive ? Prêts à voler soudain aux postes menacés , Au centre de nos murs son choix nous a placés; Mais l'Anglais prodiguant de trompeuses alarmes, Pour affoiblir nos coups a divisé nos armes...
(à part.) O patrie ! ô tourment pour un vrai citoyen ! Je vois ton sang versé sans y mêler le mien : De ce fier gouverneur la funeste vaillance Toujours aux grands périls réserve sa présence.
a:>îelétuse.
O maire de Calais, modérez vos douleurs : L'absence des dangers afflige nos deux cœurs; Mais vous av^-z uu fils que Vienne vous envie, Qui peut au champ d'honneur mourir pour la patrie. Près de Niennc et d'Harcourt, par ses exploits naissant: L'éclat de sa jeunesse honore vos vieux ans. Pendant ce siège, affreux, son zèle et son courage De notre délivrance ont commencé l'ouvrage. Quel bonheur si ce jou:-, consommant nos travaux, Joignoitson nom vainqueur aux noms de nos héros; S'il obtenoit ce prix, le plus flatteur peut-être , Le plus cher aux Français, l'estime de son maîtrel
SAI NT-Pl ERRE.
Généreux Amhléfuse, en vain à ma douleur D'un avenir si doux tu présentes l'erreur; Par un trouble inconnu malgré moi je rejette L'image d'un bonheur que mon ame souhaite.
AMBLÉTUSE.
Quoi ! vous désespérez du sort de ce combat?
SAINT-PIERRE
J'espère tout, ami , des destins de l'état.
Malheur aux nations qui , cédant à l'orage.
Laissent par les revers avilir leur courage,
N'osent braver le sort qui vient les opprimer,
Et pour dernier affront cessent de s'estimer!
De notre espoir encor rien ne tarit les sources;
C'est par les grands malheurs qu'on apprend ses ressource
Je pourrai dans ce jour périr avec mon fils,
Mais ma mort peut servir au bien de mon pays ;