‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 74 sur 325 · ACTE I, SCÈNE I. y · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. y

Et si nos citoyens tiennent tous ce langage, Du salut de l'état c'est le i-'lus sûr présage.

AMBLÉTUSE.

Ils ont appris de vous à triompher du sort; Croyez qu'ils béniroieiit leur chute avec transport, Si Calais, eu tombant, pouvoit sauver la France.

s AI NT- PI ERRE.

C'est là, je l'avouerai, ma plus ferme espérauca. Je doute qu'en nos murs nous voyions introduit Le secours qu'à grands pas le roi même y conduit. Peut-il forcer ce camp d'étonnante structure, Ce chef-d'œuvre de l'art servi par la nature. Qui, nous environnant d'immenses boulevarts, Forme un autre Calais autour de nos remparts? Comment Vienne et le roi, que l'ennemi sépare. Se concerteront-ils pour l'assaut qu'on prépare? Du vainqueur de Créci le fatal ascendant. Du succès d'Edouard est le triste garant. En vain Louis d'Harcourt, à Valois si fidèle. Contre un frère proscrit vient signaler son zèle : <> coupable héros , ce bouillant Godefroi , Long-temps l'espoir des lis, aujourd'hui leur effroi, Bravant de nos guerriers l'imprudence hardie, Accable la valeur sous l'effort du génie. Pour ses yeux pénétrants l'art n'a plus de secrets; La France doit sa perte aux talents d'un Français.

AME L ET us F..

Des brigues de la cour quel effet déplorable ! Ce fut en l'outrageant qu'on le rendit coupable; Innocent et plongé dans l'horreur des cachots,

yC LE SIÈGE DE CALAIS.

La seule excuse, hélas! des erreurs d'un héros. La vengeance égara son ardente jeunesse: L'exil accrut encor cette sanglante ivresse. Aux rigueurs du ministre opposant l'attentat, Un seul homme opprimé fit les maux de l'état.

SAINT-PIERRE, entendant le bruit du canon. J'entends toujours gronder ces foudres mugissantes.

AMBLÉTDSE.

L'écho des mers répond sous nos voûtes tremblantes.

SAINT-PIERRE

Eh! que peut désormais tout 1 effort d'un grand cœur Contre les noirs volcans d'un airain destructeur, Qui semble renfermer le dépôt du tonnerre, Et dont le seul Anglais effraie encor la terre, Mais qui, des nations réglant bientôt le sort. Dans le monde étendra l'empire de la mort; Monument infe.fnal dun siècle d'ignorance, Où l'art de se détruire est la i^eule science.

Grand Dieu! c'est pour punir les crimes des humains Que du feu de l'enfer tu viens d'armer nos mains; Et tu peux t'en remettre à nos cœurs sanguinaires De rendre ce fléau plus mortel à no? frères.

(à Amblétuse , en nentendant plus le bruit du canon Amblétuse , le bruit est soudain suspendu.

amblÉtl'SE, àpart, après avoir écouté un moment. O silence effrayant!

SAINT-PIERRE, regardant au-dehors.

Ami , tout est perdu !

Je ne vois point flotter l'étendard de la gloire,

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