‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 78 sur 325 · ACTE 1, SCENK III. loi · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENK III. loi

Peut sur la politique emporter la balance, Le jeune Harcourt, qui brille entre ses favoris, Harcourt, que votre père éleva comme un fils. Lui qui, formant l'espoir du plus tendre hyménëe, Vit à sa noble ardeur votre main destinée. Lui, l'auteur de vos mauv (ju il plaint au fond du cœur, Saura fléchir ce roi, que lui seul rend vainqueur.

ALIÉNOU.

Ali! c'est le seul Français parjure à son vrai maître :

Que j'aurois à roujjir des bienfaits de ce traître!

Son nom est mon opprobre, et ses perfides mains

Ont brisé dès long-temps tous les nœuds les plus saints.

Il outragea l'amour, l'amour qui parle encore

Four l'ingrat qui l'oublie et qui le déshonore.

Quand j'acceptai son cœur, il méritoit le mien ;

L'attrait de ses vertus fut mon premier lien ;

Mes feux n'empruntoient pas ces ombres du mystère,

Des coupables amours refuge nécessaire :

Dans la simplicité d'une innocente ardeur

On ose à l'univers avouer son vainqueur.

Soit que dans les tournois, école de la gloire,

Il fit le noble essai des jeux de la victoire ,

Soit que son bras , vengeur des chrétiens avilis,

Abattît le croissant et relevât les lis ,

Mes chiffres, mes couleurs, ornoient toujours ses armes:

Toujours il crut son sang trop payé par mes larmes.

Ah! ce sang étoit pur. Eu plaignant son malheur.

L'amour étoit, du moins, consolé par l'honneur;

Mais il me faut pleurer, dans son ti'iomphe impie.-

Des exploits dont l'éclat augmente l'infamie.

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