‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 9 sur 325 · ACTE 1, SCÈNE M · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE M

Tous vous arcuseroieiit du meurtre de leur maître; Leur haine par vous seul va croire exécuté Le projet odieux qui vous fut imputé.

Cl'I assassin secret, dont la main factieuse Nous cache d'un complot la trame ambitieuse. Abusant le premier de leur crédule erreur. Sur vous, de son forfait, va rejeter l'horreur; Et si le seul soupçon que leur donna mon frère Arma contre vos jours leur rage sanguinaire. Que n'oseront-ils point, quand ils pourront penser Que jusque dans leurs bras vous l'avez su percer? Dérobons-nous, mon père, à ce péril extrême. Anténor est chargé des soins du diadème ; C'est à son front vainqueur qu'il paroît destiné. Je le crois digue en tout du sang dont il est né. Pour mon fils et pour moi je renonce à ce trône , Que mon frère a souillé, que la foudre environne; Anténor permettra qu'aux bords du Ximoïs, Auprès de mon époux, j'aille porter mon fils. Je pourrai vous sauver dans la foule proscrite De quelques citoyens qui fuiront à ma suite.

POLYDORE

Mais toi, dont 1 héroïsme a porté les vertus A des degrés nouveaux, au ciel même inconnus, Tu souffres que des cœurs, amis de la justice, D'un parricide affreux te nomment la complice?

Que fait la renommée au cœur qui la dément? En paix avec soi-même on la brave aisément; Mais on souffre en tremblant sa faveur infidèle,

i« ZELMIRE.

Lorsqu'un témoin secret vient déposer contre elle...

( On entend uti bruit tumultueux. ) Quel bruit ai-je entendu?... Qui porte ici ses pa.s'

Page 1