‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 8 sur 325 · ACTE 1, SCÈNE II. iT · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE II. iT

Hélas! leur doux aspect n'est plus fait pour mes yeux...

( // s'assied sur 1rs marches du temple.) Enfin je les revois, et je t'embrasse encore... Ma vie est désoriuais un fardeau que j'al)horre... Non; je la ilois aimer, c'est un de tes bienfaits. Pourrois-je, sans transport, me retracer jamais L'aufjusfe et doux moment où ton malbeureux père A trouvé dans sa fille une seconde mère? Je bénis en toi seule, unis et consacrés. Les droits que la nature a toujours séparés; Ce sang qui me doit l'être, et dont je tiens la vie, A doublé les devoirs de mon ame attendrie. Quel charme intéressant, quels soins con.solateuri Ta noble piété répand sur mes malheurs!

Eh! pouvez- vous compter de si foibles services! Mon cœur a fait, par choix, ses plus chères délices De ce tendre devoir, de cet araour sacré. Du nom de piété justement honoré.

J'offre mes premiers vœux aux maîtres du tonnerre, Mais l'auteur de mes jours est mon dieu sur la terre... Pour des temps plus heureux réservons nos transports. Le ciel permet l'espoir à nos justes efforts; Déjases coups vengeurs préviennent notre attente; Azor n'est plus.

Azor?

Cette nuit, dans sa tente, De trois coups de poignard on a percé son sein ;

rr> ZELMIRE.

Et nos soins vainement recherchent l'assassin.

POLYDORE, à part.

Dieux ! faut-il que mon fils, ma plus chère espérance , Ne me laisse, en mourant, pleurer que sa naissance! Je me vois délivré de mon persécuteur; Mais il étoit mon fils... O retour plein d'horreur! Quand tu me l'as douné, ciel, devois-je m'attendre Que j aurois pour sa mort des grâces à te rendre!

Sa mort, en ce moment, accroît votre danger; L'armée, avec fureur, jure de la venger. Vous avez vu tourner, an déclin de votre âge, Vers l'aurore d'un fils tout un peuple volage : Hélas! des meilleurs rois c'est le commun malheur : On dédaigne le s.-^ge et l'on court au vainqueur... Même après son trépas ils adorent mon frère.

POLYDORE

Eh ! (jui fut mieux formé pour tromper le vulgaire? Unissant, sous !es traits d'un visage enchanteur, Le froid de la prudence au feu de la valeur; Rassemblant des héros tous les talents subli^oes, Dangereuses vertus, souvent mères des crimes! Il sut empoisonner les dons les plus flatteurs. Comment un même sang forma-t-il vos deux cœurs?... Mais, Zelmire, je puis quitter ce triste asile; Allons ouvrir les yeux de ce peuple indocile.

Vous l'espérez en vain. Ah! croyez ma terreur, Gardez-vous de braver ces tigres en fureur: Si leurs yeux étonnés vous voyoient reparoître.

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