SCÈNE V
A L I É N O R , M A UN I , S A I > T - P 1 E R R E , ACRÈLE, A M BLET USE, AUTRES chefs
DES BOUR GEOIS.
M A u M , aux bourgeois.
Qu'il fléchisse Edouard , il comblera mes vœux! J*ai dû vous annoncer un ordre rigoureux; Mais je peux vous montrer, sous un front moins funeste, L'amc d'un chevalier et d'un vainqueur modeste. Des fureurs de mon roi je gérais plus que vous:
Vingt fois pour les calmer j'embrassai ses genoux; Sa cour, quatteudrissoit le respect et l'estime Qu'inspire à ses vainqueurs un vaincu magnanime, Eu vain pour le fléchir secondoit mes efforts; Rien ne peut apaiser sa haine et ses transports : Il croit qu'en ce moment la rigueur tyrannique Est une loi d'État, un devoir politique; Et je crains que d'Harcourt l'impétueux courroux. En voulant vous sauver, ne le perde avec vous.
Eh bien! le désespoir éclaire mon courage :
Pourquoi tourner sur nous notre inutile rage?
En courant à la mort d'un visage affermi,
Que ne la portons-nous au sein de l'ennemi?
Ce n'est point à mourir que la gloire convie,
C'est à rendre sa mort utile à sa patrie.
Un aveugle courage est-il une vertu?
Qui ne sait que mourir, ne sait qu'être vaincu.
Qu'aux tentes des Anglais la fureur nous entraîne :
Allons ensanglanter leur \ictoire inhumaine;
De notre perte encor forçons-les à gémir.
Si l'on ne peut les vaincre, il faut les affoiblir.
Sous leur nombre accablant si la valeur succombe,
Elle peut entraîner ses vainqueurs dans sa tombe.
Expirons dans leur sang; et que notre pays,
En perdant ses vengeurs, compte moins d'ennemis.
ALIÉN OR.
Faisons plus: vous voyez qu'illustrant ses ruines, La France est maintenant féconde en héroïnes. L'épouse d'Edouard et l'altière Montfort