ACTE I, SCENE III. i,i
Si le trop de santé vous cause des dédains , Souffrez dans vos états deux ou trois médecins; Us vous la détruiraut, je me le persuade. VoiKà mon sentiment. A vous, mon camarade.
RIPAILLE
Oui, je crois que le roi feroit fort sagement De pouvoir quelcpaefois manger moins goulûment ; Ne point lai^ser ses pieds , ses mains en léthargie : Mais quitter son pouvoir, c'est ce que je dénie. Ah ! qu'il est beau de voir un peuple à ses genoux ! Pouvez-vous vous lasser de n'obéir qu'à vous? Comment! vous vous plaignez que tout va par écuelle. Et que la mariée est , comme on dit , trcp belle? Gardez votre couronne, elle vous va trop bien : Vous seriez bien penaud , si vous n'étiez plus rien. Que l'amour du pays , que la pitié vous touche : Cocagne à vos genoux vous parle par ma bouche; Et, pour mieux assurer le bien commun île tous. Donnez un successeur qui soit digne de vous.
LE BOI
N'en délibérons plus; après tout, quand j'y pense,
J'allois faire le sot de quitter ma puissance;
Peut-être dans deux jours je m'en mordrois les doigts.
Un sage conseiller est le bonheur des rois.
A force de choisir on prend souvent le pire.
Ripaille, je vous croi.'^ , et retiendrai l'empire :
Et , pour récompenser ce ccmseil à l'instant,
Je prétends vous donner dix mille écus comptant.
Quoique l'argent ici soit fort peu nécessaire.
Il enj^aut pour jouer. Voyez mon secrétaire:
ii4 LK KOI DK COCACNt
Faites-eu dresser l'ordre, et je le signerai. Allez.
Ce n'est pas tout, sire; je vous dirai Que quelques étrangers, arrivés dans cette île . Viennent vous supplier de leur donner asile.
LE ROI
Volontiers , où sont-ils?
Je m'eu vais les chercher.
LE iioi.
Fort bien : mais cependant qu'on me fasse approcher Les fleurs qu'en mon [larterre aujourd'hui j.ii clioisies; Elles méritent bien l'honneur d'être cueillies. Qu'on ouvre le jardin.