ACTE 1, SCENE V. i4i
LE noi.
A vous marquer d'abord par l'offre de mon coeur... En un mot, je vous aime.
LUCELLE.
Ah ! pour moi quel malheur !
LE noi. Où donc est ce malheur, s'il vous plaît? Ma personne. Que de tous les côtés tant de grâce environne, Qui fait tous les plaisirs d'une brillante cour, Pourroit vous révolter en vous parlant d'amour?
LDCELLE.
Oui, seigneur, et malgré toute votre puissance...
LE ROI
Bon, voilà qui me plaît, un peu de résistance , Cela m'étoit nouveau. Du chagrin, du dépit. C'est de quoi justement m' aiguiser l'appétit. Comment vous nomme-t-on ?
LUCELLE.
Sire-, j'ai nom Lucelle.
LE ROI
Lucelle. Le beau nom ! il rime avec cruelle. Or çà , Lucelle , donc , grâce à votre rigueur. Vous aurez aujourd'hui ma couronne et mon cœur.
LDCELLE.
Sire , cette offre est vaine et n'a rien qui me tente.
LE ROI
Plus elle me rebute, et plus mon feu s'augmente; Jamais objet ne fut plus digne de mes vccux. Vous qui l'accompagnez, que vous êtes heureux! Votre fortune est faite; et d'abord je commence
i^--. LE ROI DE COGAGNE.
Par M1US donner à tous des charges d'importance.
( à Zacnrin.) ( à Philandi-e.)
Je vous fais échanson, et vous mon écuyer,
{à Alquif. ) (à Guillot. )
Vous, mon grand chambellan, et toi mou trésorier.
GDILLOT.
Trésorier ! ah, morgue ! que cette charge est bonne! Je recevrai l'argent et ne i)aierai personne.
LE ROI
Oui, monsieur le manant? Vous êtes un fripon; Au lien de trésorier, soyez porte-coton.
GUILLOT
l'orte-cotou ! morgue, ce nom-là m'effarouche, «Quelle charge est-ce là?
ZACORIN.
Ce n'est pas de la bouche.