‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 115 sur 221 · AL QUI F · texte numérisé non relu

AL QUI F

s'il est fou , je prétends qu'il le soit davantage.

ZACOBIN.

Mais si, perdant le peu qu'on lui voit de raison, Il faisoit, par plaisir, pendre son échanson?

ALQUIF.

x\h! s il osoit commettre une action si noire. Tu serois bien vengé.

ZACORIN.

c'est ce que je veux croire ; Mais je serois pendu toujours en attendant.

ALQUIF.

Tu n'aurois que le mal ; car dans le même instant. Te coupant par morceaux, je te rendrois la vie. Tu connois mon pouvoir.

ZACORIN'.

Au diable qui s'y fie !

ALQUIF.

Nous n'eu viendrons pas là.

Z ACORI N.

J'y compte vraiment bien,

ALQUIF.

Va toujours ton chemin , et n'a|ipréhende rien ; Garde bien le secret sur-tout , et que Lucelle

i48 LE ROI DE COCAGNE.

Ignore, ainsi que tous, ce que je fais jx)ur elle.

z A c o R I N . C'est bien dit; elle est fille, elle poiirroit jaser: Mon maître du secret pourroit même almser; Il ne manqueroit pas, par excès de tendresse. D'en faire confidence à sa chère maîtresse. Je connois les amants : tous deux n'en sauront rien , Et le tout se fera de vous à moi.

ALQ DIF.

Fort bien.

Tiens , prends donc cette bague.

ZACORIN.

Et si , par sa puissance , J'allois devenir fou moi-même par avance? Les moqueurs sont moqués, souvent cela se voit.

A LQDIF.

Tout le charme n'agit que quand elle est au doigt. Adieu; je vais de linil conduire toute chose, Afin qu'à nos projets ici rien ne s'oppose.

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