ACTE II, SCÈNE VII. i5J
,To Fus trop tôt cocpiette, et vous un peu trop tard.
Pour n'être point la du[)e en quoi qu'on se propose , Ma foi l'expérience est inie belle chose. FÉLici N E, à Lucelle.
Béglez-vous là-ilessus, mon enfant; évitez En toute occasion les deux extrémités.
Suivez bien les avis de vos deux gouvernantes, Qu'un long âge et l'épreuve ont faites si savantes.
LUCELLE.
Quand j'épouse le roi, qu'ai-je besoin de vous?
FOUTUN ATE.
Eh ! nous vous instruirons à mener un époux.
Vous apprendrez par nous à le rendre fidèle ,
A faire qu'à ses yeux vous soyez toujours belle,
Et que de vos liens il ne puisse échapper;
Nous vous apprendrons tout , et même à le tromper.
Comment ! à le tromper lorsqu'à vous on se fie?
FÉLICINE.
C'est façon de parler, pour lui prouver l'envie Qu'on a de la servir.
ZACORIN.
C'est fort bien fait, vraiment.
Mais sous terre je sens un certain mouvement.
FÉLICINE.
Ce que vous allez voir, c'est l'ouvi-age des gnomes , Habitants de la terre invisibles aux hommes. Les habitants de l'onde , et <le l'air, et du feu ,
i56 LE ROI DE'COCAGNE.
Pour apporter les mets arriveront clans peu.
FORTUN ATE.
Le roi vient, paroissez moins triite, je vous prie : INous allons donner ordre à la cérémonie. Quand vous aurez dîné, le roi vous coiuluira Au temple de Cornus, où l'on vous mariera; Du temple sur un trône et magnifique et leste; Uu trône... Adieu, tantôt on vous dira le reste