SCÈNE III
LUCELLE, ZACORIN.
LUCELLE, /o//e.
Voyez quelle insolence !
Ah ! je vous montrerai si je suis en démence , Mesdames les guenons. Eh ! vous voilà, mou cher? Depuis une heure et plus je suis à vous chercher. Eh bien donc! à propos, à quand notre hyménée? Quelle raison en peut retarder la journée, Ou plutôt le moment? Car eufin nos amours... Mais , pour en revenir à mes ])remiers discours , J'ai donné le fouet à mes deux gouvernantes , Qui vouloient avec moi faire les insolentes. Et me traitoient de folle.
ZACORIN.
H est parbleu bon là !
Ces dames avoient bien affaire de cela.
Mais quittez cette bague; elle est cause, madame ,
Que vous extravaguez.
Qu'as-tu fait de ta flamiue ?. .
objet de mes désirs. Mou amour...
ZJkCORIN.
Oh ! parbleu !
Madame , finissons au plus tôt tout ce jeu.
LCCELLE.
Allons, courons, volons dans quelque ile déserte; Que ta vue , à la mienne à tous moments offerte, Puisse par ses rayons répondre a cette ardeur Que des traits si charmants allument dans mou cœur !
ZACORIS.
Quel galimatias! Si sa folie augmente.
Je crains bien qu'à la fin le diable ne me tente. Nous sommes ici seuls, personne ne nous voit; Par ma foi, laissons-lui le diamant au doigt. Et voyons-en la suite.
LCCELLE.
' Achève ton ouvrage ,
Amour; jadis tes mains pétrirent ce visage, Rends sensible son coeur.
ZACORIN.
Courage , Zacorin.
Il ne faut ]ias rester dans un si l>eau chemin ; Et sans considérer où tout ceci m embarque... ( // veut l'embrasser. )