ACTE 111. SCENE V
Je veux perdre le jour, si jamais je vous vis.
PHILANDRE
Dieux , quelle cruauté i quoi ! la parjure oublie , Qu'elle doit à mon bras son honneur et sa vie?
L OCELLE.
Moi , je ne vous dois rien; c'est à ce cher amant , Qid va pour moi mourir dans ce même moment.
z A COR 1 X.
Ah ! la maudite bague !
LUC EL LE
En un mot , je l'adore , Ce charmant cavalier.
PHILANDRE
O ciel ! qu'entends-je encore?
Lucelle perd l'esprit, il n'en faut plus douter. Tantôt à ses chagrins se laissant emporter, Ses sens se sont troublés; ma prison en est cause.
ZACORIN.
Seigneur, permettez-moi de vous dire la chose.
PHILANDRE
Je ne veux rien entendre , et dans un tel malheur Je veux m'abandonner a toute ma douleur.
(au roi ) C'est vous, cruel.
LE ROI
Comment! quel est donc ce langage^ Je joue ici , me semble , un plaisant personnage ! Quoi! traiter de la sorte un amant couronné, Qui de mille vertus se trouve assaisonné?
Z ACORI.V.
Il faut finir ce trouble. Enfin, belle Lucelle, Vous vous obstinez Jonc à tlemearer fidèle? Eh bien! il tant mourir; mais avant ce momeut. Ne me refusez pas du moins ce diamant : Il me rappellera votre charmante idée Jusqu'au dernier soupir.
LUCELLE.
J'en suis persuadée.
( lui donnant le diamant. ) Cher amant , le voilà.
LE uoi.
Que veut dire ceci?
Comment! mon diamant?
ZACORIN, rendant le diamant nu roi.
Ah , sire ! le voici.
Je respire, et n'ai plus à craindre pour ma vie : Le roi va , dieu merci , rentrer dans sa folie.
LUCELLE, dans son bon sens.
Que vois-je? quel objet se vient offrir à moi? Philandre , ch(!r Philandre, est-ce vous que je voi? Hélas! d'où sortez-vous, et d'où viens-je moi-même?
PHILANDRE
Elle me reconnoît. Ah ! ma joie est extrême ! Lucelle en son bon sens ! quel heureux changement ! Qui jiouvoit lui causer ce triste égarement?
Z ACOHIN.
La bague qu'à l'instant le roi vient de reprendre; Mais ce sont des secrets (ju'on saura vous ap|irendre.