LE MARQUIS, LE CHEVALIER, CHAMPAGNE
LE MABQLIS.
Que de joie, mon cher chevalier, de te revoir après un an d'absence!
LE CUEVALIER.
Je croyois n'avoir jamais ce plaisir. II y a six mois que tes gens et ton bagage sont à Paris; je craignois que le péril que tu as couru à l'armëe...
LE MARQUIS
Laissons là le péril que j'ai couru : mon oncle m'en veut faire courir un bien plus dangereux ; il veut me marier.
LE CHEVALIER
Je sais qu'il te veut faire épouser la comtesse Dorimène.
LE MARQUIS
Il n'est plus question de cette comtesse ; il y en a maintenant une autre sur le tapis.
LE CHEVALIER
La conuois-je ?
LE MARQUIS
Je ne sais, mais pour moi je ne l'ai jamais vue. On l,T dit belle et riche.
?oo LE GALANT COUREUR.
LE CHEVALIER
Eh bien ! que veux-tu davantage?
LE MARQCIS.
Quoi ! je renoncerois aux douceurs de conter des fleurettes à tout ce que je rencontrerois d'aimable? Non, non. Tu connois mon humeur, et tu ne me conseillerois pas de devenir raisonnable à mon âge.
LE CHEVALIER
Moi, je te conseillerai toujours de ne te point brouiller avec ton oncle ; le bien est préférable à toute choses. Nous ne sommes pas toujours jeuues ; tu restes seul de ta maison, et ton oncle considère...
LE MA RQUIS.
Oh ! trêve à ta morale , et me dis seulement ce que tu fais dans ces cantons.
LE CHEVALIER
Je suis près de m'y marier.
Ah! voilà ce que c'est; tu ne veux pas courir le risque tout seul: cela est plaisant; parce que monsieur se marie, il faut que les autres en fassent de même. Et (jui épouses-tu?
LE CHEVALIER
Vue. riche veuve, jeune et aiiii.il>li'