SCENE V. 20I
LE MARQUIS
Parbleu! nous sommes faits l'un et l'autre poui consoler les affligées; c'est aussi une veuve que mon oncle nie veut faire épouser.
LE CHEVALIEB.
Que tu nommes ?
LE MARQUIS
Lucinde , la veuve d'un président.
LE CHEVALIER
Qu'entends-je? Ah! marquis, je ne te dis plus rien; tu fais fort bien de désobéir à ton oncle.
LE MARQUIS
Pourquoi?
LE CHEVALIER
Lucinde est justement la veuve que j'adore, et que je dois épouser ce soir ou demain : nous sommes ici dans son château.
LE MARQUIS
Fort bien. Voilà de mes donneurs de conseils à la mode, pours'u que leurs intérêts n'en soient point dérangés. Oh bien ! pour te punir, je l'épouserai.
LE CHEVALIER
Ah, marquis! au nom de notre amitié, ne songe plus à ce mariage : ne parois pas même devant Lucinde que mes affaires ne soient terminées; je craindrois...
LE MARQUIS
Eh ! fi donc ! Me crois-tu capable de te donner ce chagrin?
LE CHEVALIER
Ah! tu me rends la vie. Mais , pourm'obliger jusqu'au bout, pars dès ce moment, et songe...
LE MARQUIS
Oh ! pour le coup tu te moques de moi. Je t'ai retrouvé, je ne te quitte plus.
LE CHEVALIER
Mais si ton oncle vient à savoir....
LE MARQUIS
Cest à toi à me déguiser si bien que personne ne puisse me reconnoitre ici.
LE CHEVALIER
Et comment te déguiser, à moins que tu ne veuilles passer pour le coureur que la présideute m'a demandé? Nous avons encore l'habit de celui qu'on a renvoyé ; tu n'auras qu'à le prendre.
Cela ira à merveille, et je serai charmé d'apprendre sous ce déguisement ce qu on pense ici de moi; je veux même aller demain à la terre de la comtesse en cet équipage.
LE CHEVALIER
Tu ne seras pas mal. Champagne , va prompte-