‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 161 sur 221 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

MARTHON.

Votre oncle m'a dit qu'il arriveroit de Bayonne.

LA PRÉSIDENTE

Eh bien ! Jolicœur, tu n'as qu'à prendre la route de Bayonne, et toujours courir jusqu à ce que tu le rencontres.

LE CHEVALIER

Mais, madame, il ne le connoît pas.

MARTHON.

Je vais lui en faire le portrait sur le récit qu on m'en a fait. C'est un jeune étourdi qui a l'air fou, des manières extravafjantes.

LE MARQUIS

Le voilà bien désigné ! Il ne faudroit pas courir bien loin pour trouver mille jeunes gens qui lui ressemblent.

LA PRÉSIDENTE

N'importe, tâche de le découvrir, et dis-lui que je le hais à la mort, sans l'avoir jamais vu; que je le trouve bien téméraire de vouloir m' épouser sans savoir quels sont mes sentiments sur sa personne ; et que , s'il s'obstine à vouloir passer outre, il s'en trouvera mal. Adieu, pars, cours, vole dans le moment.

LE CHEVALIER

Madame, ce garçon-là doit être fatigué ; il sort <lc faire une longue course.

LA PRÉSIDENTE

Bon , bon ! ces sortes de gens-là sont infatigables.

LE CHEVALIEB.

Il y a plus de cent postes d ici à Bayonne.

M ARTHON

Voilà une belle affaire! Combien cours - tu par heure, mon ami?

LE CHEVALIER

En vérité, madame, c'est se moquer que...

LA PRÉSinENTE.

Tout ce qu'il vous plaira, je veux qu'il parte dans ce moment : mais pour lui laisser prendre haleine, je vais écrire un mot qu'il rendra à ce marquis. En attendant, Marthon, menez ce garçon à l'office, et qu'il boive deux coups; cela lui donnera courage.

MARTHON.

Allons, suivez-moi, monsieur Jolico'ur.

LE MARQUIS, rt part, rejanlant leiidrement la comtesse.

Ah! pourcjuoi euvoic-t-clle plutôt Marthon que Finette? Morbleu, chevalier, tirc-iiioi de ce mauvais pas.

LE GALAXT COUREUR. 2i3

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