‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 167 sur 221 · SCÈNE XIII. Î · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII. Î

RtlSTAUT.

Tout franc , monsieur le coureur, je ne sais pas si j'aurai bien sujet d'en être content dans la suite.

LE MARQt:lS.

Il ne tiendra qu'à vous que nous vivions en bonne intelligence ensemble.

RUSTADT.

C'est à savoir. Es-tu de complexion amoureuse?

LE MARQUIS

Pourquoi?

C'est que je suis de complexion jalouse, et les gens comme toi font bien du chemin en peu de temps ; j'en juge par celui qui y étoit auparavant toi, il m'a bien donné du fil à retordre.

LE MARQUIS

Que voulez-vous dire?

RUSTAUT

Je veux dire que j'aime une certaine Marthon dans cette maison-ci, et quç j'ai bien peur...

LE MARQUIS

Allez, mon cher, ne craignez rien; vous ne me verrez point courir sur vos brisées.

RUSTAUT

Oh ! sur ce pied-là , je te reçois dans mon amitié ;card'ailleursta physionomie me revient assez.

2i8 LE GALANT COUREUR.

LE MARQCI».

Cela est heureux pour moi.

RCST AUT.

Comment t'appelle.>-tu ?

LE M.\RQt;lS.

.Jolicieur.

RCSTA UT.

Eh bien ! Jolicœur, mon enfant, il ne tiendra qu'à toi que je vivions comme frères; mais il ne faut avoir rien de caché l'un pour l'autre. Premièrement, je commencerai parte dire tout ce que je sais de mal de mon maître. C'est uu sot, un benêt que je mène par le nez plus facilement que mes chevaux par la bride.

LE MARQtlJS.

Fort bien.

Je le sers depuis un an à deux cents livres de gages , dont je n'ai pas encore reçu un sou ; mais je me dédommage sur le tour du bâton.

LB MARQUIS

Et comment cela?

RLSTACT.

Il manque toujours quelque chose à ses chevaux et à son carrosse, quoiqu'il n'y manque rien; »l je m'entends avec le sellier, le charron et le

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