M">C RISSOLÉ
Il est d'autres moyens...
SAINT-GERMAIN
J'en dis bien davantage, Et ne m'arrête point seulement sur votre âge : Je m'efforce à trouver mille défauts en vous ; La foi que vous gardez sur-tout à votre époux. .
Mine RISSOLÉ.
Mon époux ! il est mort.
Je le sais bien , madame , Et que sa cendre encor fait durer votre flamme.
Mme RISSOLÉ.
Non , non; elle est éteinte, et j'ai su m'en guérir : C'est sa faute, pourquoi s'est-il laissé mourir? Aimer un mari mort , fi donc ! quelle folie ! On a bien de la peine à les aimer en vie. Parlons de votre ami : qu'il m'a paru bien fait !
SAINT-GER MAI N
Tenez, regardez-moi, vous voyez son portrait.
Mme RISSOLÉ.
Oh ! que sa taille est bien au-dessus de la vôtre !
SAINT-GERMAIN
X Nous portons cependant les habits l'un de l'autre.
i6 LA FAMILLK EXTRAVAGANTE
M"l«' RISSOI.K.
Cela ne se peut pas, vous paroissez rempli.
SAl NT-GERMA IN.
Il les porte d'abord , pour y donner le pli ; Et je les «se après.
MH'C RISSOLÉ.
Pourquoi donc ce ménage ?
c'est que nous nous aùnons ou ne peut davantage ;
Nous demeurons ensemble, et c'est une union...
Nous nous servons l'un l'autre en toute occasion;
.le le jjeigiie, il m'étrille; il m'emprunte, il me prête;
Je le tiens toujours propre et souvent le vergette,
Il épouste parfois aussi mon justaucorps;
A nous comjilaire enfin nous mettons nos efforts.
Ml"« RISSOLÉ.
Vous êtes son valet ?
SA INT-GER MAIN
c'est à peu près de même.
Mme RISSOLÉ, .le comprends bien cela. Mais croyez-vous qu'il m'aime?
En pouvcz-vous douter?
Mme RISSOLÉ.
Que fait-il à présent?
.Si son ccnur ressentoit ce que le mien ressent...
s AINT-<; ERM AIN.
. Il est plus amoureux encor que vous, je gage; Mais c'est qu'il est timide on ne peut davantage;